Le huard à la traîne

Par Nicolas Ritoux | 29 October 2024 | Last updated on 12 November 2024
3 min read
Un homme d’affaires debout sur le signe du dollar américain / australien sur le sol fait de lumière et d’ombre.
sankai / iStock

La croissance mondiale a le vent dans les voiles, mais le Canada et sa devise risquent de rester à la traîne, croit Michael Sager, directeur général et chef, multiclasse d’actifs et gestion des devises, Gestion d’actifs CIBC. 

« Les États-Unis ont connu une belle croissance cette année, au-dessus de la moyenne à long terme, grâce à la résilience des consommateurs, à l’assouplissement de la politique monétaire par la banque centrale, et à une fiscalité plus avantageuse. Ce phénomène se constate également à l’échelle mondiale. En Chine, le gouvernement reconnaît la nécessité de stimuler la croissance. En revanche, au Canada, la croissance est plus timide, car les consommateurs sont prudents et le marché de l’emploi a ralenti », analyse Michael Sager.

Deux ombres planent sur cette projection cependant. D’un côté, l’inflation qui pourrait remonter et pousser les banques centrales à rehausser leurs taux, freinant ainsi la croissance ; et de l’autre le risque politique, principalement autour de l’élection américaine. 

« La situation reste incertaine, car tout dépendra de la configuration du gouvernement, qu’il soit divisé ou unifié, c’est-à-dire si le Congrès et la présidence seront contrôlés par différents partis ou si l’un d’eux dominera l’ensemble. Une victoire totale des Républicains entraînerait probablement une hausse des barrières douanières, non seulement vis-à-vis de la Chine, mais aussi d’autres pays. Ils chercheront aussi à déréglementer certains secteurs, comme les services financiers et l’énergie », entrevoit Michael Sager. 

L’expert estime que le dollar canadien s’échange en deçà de sa valeur à long terme, en raison d’une faible productivité dans l’économie. Toute hausse de productivité conduit à de meilleurs rendements sur le capital, ce qui attire les investissements, bénéfique pour la devise. C’est pourquoi la devise des États-Unis, où la productivité est plus élevée, est plus forte que le huard.  

L’autre frein à la devise canadienne est la faiblesse des prix du pétrole, un important produit d’exportation dans notre économie.  

Michael Sager s’attend aussi à voir l’euro ralentir dans les prochains mois, surtout si de nouvelles barrières douanières apparaissent aux États-Unis. Quant au yen, il s’échange à prix cassé, mais il demeure une valeur refuge face au risque politique américain. 

Dans ce contexte, les investisseurs peuvent se fier au revenu fixe et au mélange équilibré traditionnel, plus pertinent que jamais. 

« La diversification entre revenu fixe et actions est très attrayante puisque leurs effets se compensent admirablement au gré des aléas des marchés », conclut l’expert.

Cet article fait partie du programme Gestionnaires en direct, commandité par Gestion d’actifs CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.

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Nicolas Ritoux

Nicolas Ritoux est journaliste indépendant. Il collabore à Conseiller.ca depuis 2009.