Le spectre de la récession plane sur les États-Unis

Par Nicolas Ritoux | 29 July 2025 | Last updated on 1 August 2025
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Diagramme d'affaires avec des flèches répondant à la baisse
peshkov / iStock

Mieux vaut préparer les portefeuilles de placement à une possible détérioration de l’économie américaine au cours des 12 prochains mois, croit Jeffrey Mayberry, stratège en répartition des actifs à revenu fixe et gestionnaire de portefeuille pour DoubleLine Capital.

Après un premier semestre à environ 4 % pour l’indice obligataire Bloomberg (U.S. Agg), la courbe de rendement des bons du Trésor américain s’est redressée avec 16 points de base en moins pour les titres à deux ans et 20 de plus pour les titres à long terme. Pendant ce temps, les obligations de sociétés ont vu leur écart de rendement se réduire. Selon l’expert, ces développements reflètent les problématiques fiscales auxquelles fait face l’administration ainsi que l’incertitude provoquée par ses menaces de tarifs.

« La question principale désormais est celle de l’inflation. Les tarifs pourraient la pousser vers le haut d’ici un an ou deux, mais probablement pas à plus long terme. La Fed se méfie de toute hausse et c’est pourquoi elle n’a pas annoncé de baisse de taux ce mois-ci, et semble de moins en moins prête à le faire dans les mois qui viennent. L’inflation des cinq dernières années continue de hanter les esprits et cela se reflète dans le marché du revenu fixe », dit Jeffrey Mayberry.

Il estime à 60 % les chances d’une récession aux États-Unis dans les 12 prochains mois.

« Les sociétés affichent de bons profits et leurs risques de défaut sont moindres, même avec la volatilité liée aux tarifs. Mais le marché de l’emploi montre des signes d’affaiblissement, suffisamment pour nous rendre plus pessimistes que la moyenne quant aux probabilités d’une récession. »

Il note que l’économie canadienne se porte plutôt bien, et pourrait offrir de belles occasions de revenu fixe en substitution du marché américain. 

Dans tous les cas, il recommande de diversifier les types de produits.

« Le crédit structuré présente de faibles risques de défaut, qu’il s’agisse d’hypothèques résidentielles ou commerciales ou de titres adossés à des actifs, avec un écart de crédit intéressant par rapport aux obligations de sociétés de catégorie investissement. On peut aussi explorer le haut rendement, dans la notation BB, pour des niveaux de rendement, de risque, et de volatilité similaires. Il y a aussi les marchés à revenu fixe en devises étrangères, au-delà du Canada. Enfin, il est toujours bon de conserver des bons du Trésor à plus court terme, car les chances d’une baisse de taux demeurent plus élevées que celles d’une hausse », affirme Jeffrey Mayberry.

Cet article fait partie du programme Gestionnaires en direct, commandité par Gestion d’actifs CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.

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Nicolas Ritoux

Nicolas Ritoux est journaliste indépendant. Il collabore à Conseiller.ca depuis 2009.