L’économie canadienne devrait éviter le pire

Par Nicolas Ritoux | 13 May 2025 | Last updated on 12 May 2025
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Concept d’investissement et de finance - Flèches jaunes vers le bas sur fond bleu du graphique financier
MicroStockHub / iStock

Si le gouvernement place bien ses pions, les actions et la devise canadiennes devraient surperformer par rapport aux américaines dans les prochains mois, croit Leslie Alba, directrice, solutions de portefeuilles, Gestion d’actifs CIBC. 

« L’issue de l’élection fédérale nous laisse penser que le Canada va s’engager dans une politique de relance économique sur plusieurs années, incluant le financement de constructions résidentielles abordables, le développement d’infrastructures pour accroître la productivité, et la diversification des activités pour réduire notre dépendance au marché américain. Mais le facteur le plus important restera notre relation commerciale avec les États-Unis », soutient Leslie Alba.

Les menaces tarifaires de l’administration Trump ont entraîné une grande volatilité sur les marchés d’ici comme d’ailleurs, créant de violents mouvements tant à la baisse qu’à la hausse. Mais l’experte rappelle que si l’on observe les mouvements intra-annuels du TSX depuis 1980, les chutes sont allées jusqu’à 15 % mais le rendement total moyen s’est maintenu à 7,7 %. Il n’y a donc pas de quoi s’alarmer à long terme, même si les négociations commerciales provoquent actuellement beaucoup d’émotions parmi les investisseurs.  

« Si l’on prend un pas de recul, on se rend compte que le Canada est bien positionné pour une reprise économique, grâce à une politique accommodante de sa banque centrale, à des revenus substantiels, et à de nettes améliorations du côté de la construction résidentielle », analyse Leslie Alba.

Elle s’attend à voir les États-Unis pénalisés par les divers tarifs douaniers qu’ils souhaitent imposer au reste du monde, notamment sous la forme d’une récession, et à ce qu’ils signent une entente commerciale favorable au Canada d’ici quelques mois.

« Même si les tarifs se prolongent, la Banque du Canada pourra toujours intervenir pour soulager l’économie, et notre économie profite des bas prix du pétrole sous l’influence de l’OPEP. Nous croyons donc que le Canada évitera une récession majeure dans les 12 prochains mois, et affichera même une croissance moyenne d’environ 1 %. Cela à condition que le gouvernement Carney puisse faire passer ses mesures malgré sa situation minoritaire, et sans s’embourber dans les procédures administratives », entrevoit Leslie Alba.

Dans ce contexte, mieux vaut positionner les portefeuilles en fonction du long terme.

« La volatilité reste au programme dans l’avenir immédiat, mais il s’agit pour les investisseurs de garder leur calme et d’ignorer les mouvements à court terme comme ceux que l’on voit actuellement », dit l’experte. 

Elle insiste sur l’importance de la diversification des placements, incluant dans les obligations qui sont plus attrayantes que voilà quelques années. 

Cet article fait partie du programme Gestionnaires en direct, commandité par Gestion d’actifs CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.

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Nicolas Ritoux

Nicolas Ritoux est journaliste indépendant. Il collabore à Conseiller.ca depuis 2009.