Les actions américaines en position vulnérable

Par Nicolas Ritoux | 5 August 2025 | Last updated on 1 August 2025
3 min read
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Les marchés américains pourraient être les premiers à souffrir de la guerre commerciale qui bat son plein, croit Leslie Alba, directrice, solutions de portefeuilles, Gestion d’actifs CIBC. 

Elle croit que la question des tarifs douaniers américains devrait se clarifier par suite de la grande volatilité du printemps. « L’administration va tout faire pour finaliser ses ententes avant le début de sa campagne électorale de mi-mandat. Nous nous attendons à une série d’annonces au cours de l’été, incluant un accord complet avec le Canada. D’ici là, on voit plusieurs pays lancer simultanément des politiques de relance », dit-elle.

Ce contexte est plutôt favorable aux marchés d’actions, surtout si la Fed reprend ses baisses de taux — ce qu’elle se retient encore de faire si on se fie à ses annonces de la semaine dernière.

Déjà, l’indice composé du TSX a battu un record à la fin du second trimestre, tandis que l’indice MSCI Europe se rapproche de son précédent sommet. 

« Tout cela suggère une sortie plutôt clémente de la guerre commerciale, malgré les risques macro-économiques et politiques. Si les pires prédictions viennent à se réaliser, les actions encaisseront un choc, surtout aux États-Unis qui sont dans la position la plus vulnérable », croit Leslie Alba.

Dans tous les cas, elle entrevoit de meilleures performances à court terme du côté des marchés d’actions canadien, européens et émergents.

« La croissance est en hausse au Canada, et elle s’annonce bien en Europe sous l’effet des politiques de relance. Quant aux pays émergents, ils profitent de la faiblesse du dollar américain, des bas prix du pétrole, et des perspectives de baisses de taux de la Fed », dit Leslie Alba.

« Nous croyons que les sociétés américaines vont rester très performantes, mais que leur avance sur le reste du monde va se réduire. Nous observons une légère perte de vitesse de l’exceptionnalisme américain, surtout en dehors des titres technos à forte capitalisation. Et si l’innovation demeure la clé du rendement sur les marchés américains, ses prix sont très élevés et leur prime est appelée à baisser », analyse Leslie Alba.

« Pendant ce temps, l’Europe devrait mettre fin à sa stagnation grâce aux politiques de relance de ses gouvernements, et la Chine devrait confirmer son leadership technologique et manufacturier, notamment dans les secteurs de l’AI, des véhicules électriques, et de l’énergie solaire. En ce sens, on se rapproche d’un environnement d’investissement véritablement multipolaire », poursuit-elle.

L’experte rappelle l’importance de conserver des obligations en complément des actions, car elles agissent comme ballast dans les portefeuilles des investisseurs. Les rendements obligataires demeurent intéressants même s’ils ont baissé depuis leurs sommets de 2023. 

« Nous sommes généralement optimistes tant pour les marchés d’actions que pour le revenu fixe, et nous recommandons donc aux investisseurs de rester pleinement investis de manière diversifiée. Après tout, le leadership évolue au fil du temps et passe d’une région, d’un secteur ou d’une catégorie d’actif à l’autre. Il est essentiel de se montrer patient et discipliné. »

Cet article fait partie du programme Gestionnaires en direct, commandité par Gestion d’actifs CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.

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Nicolas Ritoux

Nicolas Ritoux est journaliste indépendant. Il collabore à Conseiller.ca depuis 2009.