Les obligations canadiennes demeurent attractives

Par Nicolas Ritoux | 19 September 2024 | Last updated on 12 November 2024
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sarayut / iStock

Les récentes baisses de taux de la Banque du Canada n’enlèvent rien à l’attrait du marché obligataire, croit Pablo Martinez, gestionnaire de portefeuille à Gestion globale d’actifs CIBC. 

« Au début de 2024, au sortir de la répression financière qui a suivi la pandémique, les rendements des obligations canadiennes à 10 ans avaient atteint 3,10 %. Nous avions alors anticipé qu’ils se stabiliseraient autour de ce niveau. C’est exactement ce qui s’est produit, avec des pics à 3,70 % et 3,80 %, avant de revenir à 3 % en septembre », précise Pablo Martinez. 

« Cela ne devrait pas changer, car les forces qui maintiennent ces rendements sont toujours en place. Le marché s’attend à un atterrissage en douceur de l’économie et à de nouvelles baisses du taux directeur de la Banque du Canada sans effet à la hausse sur les prix. Il faudrait vraiment un accident inattendu pour que les rendements baissent. » 

Le marché immobilier est un point particulièrement sensible de la politique monétaire canadienne, car la Banque du Canada souhaite baisser suffisamment ses taux pour alléger la souffrance des emprunteurs, mais sans pour autant provoquer une surenchère des offres d’achat et alimenter à nouveau l’inflation.

 « La Banque du Canada doit agir avec une grande prudence pour continuer à réduire ses taux », illustre Pablo Martinez.  

Il revient sur les phénomènes majeurs qui ont influencé le marché obligataire cette année, à commencer par la mini-crise provoquée par la Banque du Japon en juillet-août. En augmentant soudainement son taux directeur, elle a mis fin à la pratique du portage du yen, qui consistait à emprunter en yen pour financer des investissements dans des actions américaines, principalement dans le secteur des technologies. Le retrait rapide des investisseurs de ce marché a entraîné une forte volatilité, tant sur les marchés boursiers que sur le marché des devises.

« L’épisode fût de courte durée, mais nous a rappelé que lorsque les marchés atteignent des sommets historiques, le risque d’un retour de bâton augmente », souligne Pablo Martinez. 

L’autre phénomène a été l’appétit soutenu des investisseurs pour les obligations de sociétés. Malgré un resserrement de leur écart de rendement, elles demeurent attractives à plus de 5 % avec de solides résultats financiers sous-jacents.

L’expert recommande d’ailleurs de surpondérer cette catégorie, de préférence dans les échéances de 3 à 5 ans où les prix sont soutenus par une forte demande, et dans le secteur de l’énergie. Il privilégie également le segment en croissance de l’immobilier locatif pour personnes âgées. Mais il se tient à l’écart des fiducies de placement immobilier (FPI) liés aux espaces de bureaux. 

« Ces propriétés ne se sont pas encore adaptées aux nouvelles façons de travailler. Beaucoup de gens pratiquent désormais le télétravail et les entreprises offrent des arrangements hybrides », explique-t-il.

Cet article fait partie du programme Gestionnaires en direct, commandité par Gestion d’actifs CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.

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Nicolas Ritoux

Nicolas Ritoux est journaliste indépendant. Il collabore à Conseiller.ca depuis 2009.