L’innovation se concentre dans les TI et la santé

Par Nicolas Ritoux | 9 July 2024 | Last updated on 10 July 2024
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Homme d'affaires négociant en ligne sur le marché boursier sur un écran tactile, concept d'investissement numérique.
nespix / iStock

Les investisseurs canadiens doivent sortir de leur marché national pour s’exposer aux sociétés les plus innovantes, avance Ryan Diamant, gestionnaire de portefeuilles d’actions à Gestion d’actifs CIBC. 

« Les Canadiens sont sous-exposés à l’innovation, car sous l’effet de la préférence nationale, ils tendent à investir davantage dans le TSX, où il y a peu de technologies de l’information (TI) et où les seules sociétés pharmaceutiques sont des producteurs de cannabis. Or ce sont dans ces secteurs que se concentre l’innovation. Pour s’y exposer, il faut aller aux États-Unis », souligne Ryan Diamant.

« Les technologies performent bien, car elles créent des produits perturbateurs qui font naître de nouveaux marchés. Par exemple, Nvidia fabrique les puces de l’intelligence artificielle et peu de concurrents parviennent à sa hauteur. Quant aux titres du secteur de la santé, ils offrent une croissance plus défensive, comme on a pu le voir pendant les corrections causées par la pandémie et la crise financière. Les gouvernements ne cessent d’augmenter leurs dépenses en soins de santé, et les sociétés du secteur développement continuellement de nouvelles thérapies », poursuit l’expert.

La combinaison des TI et des soins de santé confère un profil intéressant aux portefeuilles d’actions puisque les premières génèrent un rendement élevé que les seconds offrent un bon rendement ajusté au risque. Leur proportion respective doit être de 60 % et de 40 % pour obtenir les meilleurs résultats.

« Que ce soit sur les dix ou quinze dernières années, ou même si on remonte jusqu’avant la bulle des technos en 1999, la répartition 60/40 entre techno et santé surperforme par rapport au marché élargi des actions mondiales, avec un meilleur rendement ajusté au risque », affirme Ryan Diamant.

Pourquoi ne pas simplement acheter un fonds indiciel du NASDAQ pour s’exposer à l’innovation ? L’indice comprend une trop grande variété de secteurs hors de la techno et de la santé, et donc pas assez d’innovation, explique-t-il. Et l’effet de concentration des titres y est beaucoup trop important, puisque les dix premiers représentent 50 % de la capitalisation de l’ensemble. 

Cette concentration risque d’accroître les effets à la hausse, mais aussi à la baisse. Il cite l’exemple de Tesla dont le titre a pris 102 % l’an dernier alors qu’il représentait 4 % du NASDAQ ; trois mois plus tard il avait perdu 30 % et représentait 2 % de l’indice.

« Si on compare notre portefeuille 60/40 techno/santé avec le NASDAQ, en remontant à septembre 1999, il sous-performe d’un point de vue absolu. Cependant sa volatilité est deux tiers moindre que celle du NASDAQ et son rendement ajusté au risque est donc plus élevé. Cela signifie que notre portefeuille d’innovation récompense mieux la prise de risque », dit Ryan Diamant.

L’expert rappelle que les fonds indiciels passifs sont composés en fonction des titres qui ont le mieux performé dans la dernière année ou les dernières années, sur une base historique, tandis que la gestion active s’intéresse aux rendements futurs. 

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.

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Nicolas Ritoux

Nicolas Ritoux est journaliste indépendant. Il collabore à Conseiller.ca depuis 2009.