Optimisme prudent pour 2025

Par Nicolas Ritoux | 17 December 2024 | Last updated on 6 January 2025
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Un homme d’affaires regarde vers la ville à l’horizon à travers une longue-vue.
erhui1979 / iStock

Les records de performance des marchés d’actions ne se répéteront probablement pas immédiatement. Il est donc préférable de miser sur la diversification, prévient David Wong, chef des placements et directeur général, solutions totales d’investissement, Gestion d’actifs CIBC.

 « Les principaux marchés d’actions ont connu une année phénoménale, avec des performances dans les deux chiffres en date de la fin novembre, soient 36 % pour les États-Unis, 25 % au Canada, 13,4 % à l’international et 14,8 % dans les pays émergents. Les marchés obligataires ont eux aussi connu une belle année », constate David Wong.

L’expert attribue ces succès aux politiques monétaires favorables des banques centrales à travers le monde. La Banque du Canada fut la première à amorcer une baisse de taux au mois de juin, et plusieurs l’ont suivie incluant bien sûr la Réserve fédérale américaine. L’élection de Donald Trump a aussi donné un coup de pouce aux marchés américains, en raison de ses positions favorables aux marchés.

David Wong rappelle qu’une bonne partie des performances américaines proviennent de seulement sept sociétés : Apple, Amazon, Alphabet, Meta, Microsoft, Nvidia et Tesla. Elles ont pris 63 % jusqu’ici en 2024, contre 27 % en moyenne pour le reste de l’indice S&P 500. La différence paraît extrême, mais elle est pourtant moindre qu’en 2023 lorsque ces sociétés ont pris 106 % contre 10 % en moyenne pour les autres. On peut donc considérer que les performances ont été mieux distribuées cette année. De fait, 36 % des actions de sociétés américaines ont eu un rendement positif contre seulement 26 % l’an dernier, et seuls 18 % ont été dans le rouge contre 37 % l’an dernier.  

Au Canada, les deux principaux secteurs, l’énergie et les services financiers, ont généré des rendements de 28 % et 32 % respectivement, ce qui a propulsé l’ensemble du TSX, plaçant le Canada en quatrième position des marchés les plus performants parmi les pays développés, derrière Singapour et Israël.

« La croissance économique s’est avérée étonnamment résiliente, car le renversement des courbes de rendement obligataires aurait dû préfigurer une récession, mais ce phénomène ne s’est exceptionnellement pas produit. De ce point de vue, il y a moins de raisons d’être pessimiste maintenant que la courbe s’est redressée. Reste à voir si la menace de tarifs douaniers brandie par le prochain président sera mise à exécution. Il faut aussi garder un œil sur l’inflation pendant que les banques centrales poursuivent leurs baisses de taux », souligne David Wong. 

En 2025, les gestionnaires de portefeuille parviendront-ils enfin à battre l’indice S&P 500 ? L’expert croit que la domination des « sept magnifiques » est appelée à s’atténuer, justifiant ainsi une approche diversifiée.

« Il est essentiel de garder à l’œil l’horizon de placement des épargnants et ce qu’ils comptent en obtenir. Ceux qui ne prendront leur retraite que dans 30 ans ont tout intérêt à se diversifier entre les catégories d’actifs, les régions et les secteurs d’activité, ainsi qu’à détenir des obligations qui offrent aujourd’hui de bons rendements et offrent une protection en cas de correction des marchés d’actions. »

« Les portefeuilles équilibrés de type 60/40 entre actions mondiales et obligations canadiennes ont gagné presque 20 % cette année en date de la fin novembre. On peut donc obtenir une belle performance en se limitant aux sociétés de qualité et aux obligations de gouvernements et de sociétés », assure David Wong. 

Il doute que les performances de 2024 se répètent en 2025 sur les marchés d’actions, mais il se considère quand même « optimiste ».

« Les probabilités sont encourageantes, puisque les marchés américains ont offert des rendements annuels de 20 % ou plus d’une année sur trois depuis 1971. Dans la même période, seule une année sur cinq a connu un rendement négatif, et seules trois années ont été plus de 20 % dans le rouge, soit 6 % du temps », poursuit l’expert. 

« Les marchés obligataires sont aussi prometteurs pour 2025. Leurs rendements sont encore supérieurs à leurs moyennes sur 15 ans. On devrait traverser un peu de volatilité, mais les rendements de départ offrent une bonne indication de ce qu’ils seront à l’arrivée. »

Cet article fait partie du programme Gestionnaires en direct, commandité par Gestion d’actifs CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.

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Nicolas Ritoux

Nicolas Ritoux est journaliste indépendant. Il collabore à Conseiller.ca depuis 2009.