Perspectives pour les actions canadiennes

Par Maddie Johnson | 7 January 2025 | Last updated on 6 January 2025
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Les dividendes élevés et la croissance des bénéfices stimulent l’optimisme à l’égard des actions canadiennes, indique Craig Jerusalim, gestionnaire principal de portefeuille, actions canadiennes, Gestion d’actifs CIBC. Selon lui, les actions canadiennes n’ont pas été aussi bien positionnées depuis des années.

Dans le cadre du plus récent épisode de la baladodiffusion Gestionnaires en direct, Craig Jerusalim indique qu’en dépit des défis que représentent la faible croissance démographique, la faible productivité et les difficultés politiques, les actions canadiennes sont prometteuses. Il évoque ainsi le fait qu’elles sont soutenues par des prix plus bas, des dividendes plus élevés et la croissance dans des secteurs clés comme l’énergie, les énergies renouvelables et l’énergie nucléaire.

« De mon point de vue, la configuration des actions canadiennes est à peu près aussi convaincante qu’elle ne l’a été depuis des années.

Malgré la domination des grandes entreprises technologiques américaines, Craig Jerusalim est d’avis que les actions canadiennes ont le potentiel de faire mieux que les actions américaines en 2025, grâce à leurs solides fondamentaux, à leurs rendements attrayants et à la diversité des opportunités de croissance qu’elles offrent.

Craig Jerusalim fait remarquer que les actions canadiennes inscrites au S&P/TSX, ont enregistré des performances équivalentes à celles du S&P 500 américain depuis la fin de 2021, avec des rendements totaux d’environ 30 % dans les deux cas. Il a toutefois relevé une différence essentielle : la croissance du marché américain a reposé en grande partie sur l’augmentation des valorisations, tandis que les actions canadiennes ont été portées par des fondamentaux plus solides.

Pour 2025, le S&P/TSX devrait enregistrer une croissance des bénéfices à deux chiffres, avec des marges bénéficiaires proches de 9 %, estime-t-il. Ces chiffres sont proches des 13 % de croissance des bénéfices et des 10 % de marges bénéficiaires prévus pour le S&P 500, mais ils présentent l’avantage d’une valorisation beaucoup plus faible.

« La prime de huit tours entre les deux indices devrait se réduire, soit par une hausse du multiple du TSX, soit par une baisse du multiple du S&P 500 », évoque-t-il.

Le gestionnaire principal de portefeuille ajoute que cela mettait en évidence le potentiel des actions canadiennes à combler l’écart de valorisation.

Craig Jerusalim note également que les actions canadiennes offrent un rendement moyen en dividendes de près de 3 %, soit plus du double de celui des actions américaines.

« Cet avantage en matière de rendement constitue un bon filet de sécurité si le marché devient plus volatil et se dégrade », analyse-t-il.

L’énergie est l’un des secteurs les plus prometteurs, selon Craig Jerusalim, qui cite en exemple des sociétés comme Canadian Natural Resources, bien positionnées en raison de leurs faibles coûts et de leurs solides flux de trésorerie.

« Étant donné que les sables bitumineux ont une durée de vie de plusieurs dizaines d’années, des entreprises comme Canadian Natural Resources seront parmi les derniers producteurs, quelle que soit la durée de la transition énergétique », affirme-t-il.

Dans le domaine de l’énergie nucléaire, Cameco est un choix de premier plan, soutenu par la demande mondiale croissante d’énergie propre.

« Cameco a combiné l’exposition aux matières premières avec la prévisibilité de ses activités de maintenance de Westinghouse, ce qui se traduit par une croissance à effet de levier pour de nombreuses années à venir », juge-t-il.

Craig Jerusalim croit que le secteur de l’énergie renouvelable offre également des opportunités significatives. Selon lui, Brookfield Renewable se distingue par ses actifs de premier ordre, sa diversification mondiale et la croissance constante à deux chiffres de ses fonds d’exploitation.

« Brookfield Renewable a été mise dans le même panier que d’autres titres de sociétés de production d’énergie renouvelable en baisse, mais elle possède des actifs de première qualité et la capacité unique de recycler des actifs à l’échelle mondiale pour améliorer leurs rendements », indique Craig Jerusalim.

Si les actions canadiennes présentent un fort potentiel dans l’ensemble, Craig Jerusalim signale que certains secteurs pourraient être confrontés à des vents contraires. Par exemple, les entreprises qui dépendent des consommateurs canadiens, comme les épiceries et les fournisseurs de télécommunications, pourraient connaître des difficultés, illustre-t-il.

« Le consommateur canadien est vraiment désavantagé par rapport au consommateur américain qui est fort en ce moment », selon Craig Jerusalim.

Il note cependant que Telus est une exception. Avec des dépenses d’investissement réduites et des plans visant à accroître le rendement pour les actionnaires par le biais de rachats et de dividendes, Telus se distingue comme un investissement solide par rapport à ses pairs.

« La diminution des dépenses d’investissement et l’augmentation du flux de trésorerie disponible de Telus la distinguent de ses concurrents comme BCE et Rogers », estime Craig Jerusalim.

Pour 2025, Craig Jerusalim affirme que la clé pour les investisseurs sera de se concentrer sur la croissance des bénéfices.

« Tant que les bénéfices continuent de croître à deux chiffres, comme c’est le cas au Canada et aux États-Unis, les multiples peuvent rester élevés », indique Craig Jerusalim.

Si les petits reculs de 5 à 10 % sont courants, les baisses plus importantes sont généralement liées à des récessions ou à des chocs économiques majeurs, que Craig Jerusalim ne prévoit pas pour l’année prochaine.

Dans ce contexte, Craig Jerusalim estime que les investisseurs devraient donner la priorité aux entreprises dont les fondamentaux sont solides et se montrer sélectifs dans les secteurs les plus faibles.

« Le meilleur conseil que nous puissions donner aux investisseurs à l’horizon 2025 est de suivre les bénéfices », a déclaré Craig Jerusalim.

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.

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Maddie Johnson