Une économie vigoureuse, sous réserve de tarifs

Par Nicolas Ritoux | 28 January 2025 | Last updated on 27 January 2025
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Un homme d’affaires regarde vers la ville à l’horizon à travers des jumelles.
erhui1979 / iStock

L’année a commencé sur des signes encourageants pour l’économie canadienne, bien que le huard reste faible face au dollar américain, constate Michael Sager, directeur général et chef, Multiclasse d’actifs et gestion des devises, Gestion d’actifs CIBC. 

« Nous sommes plutôt optimistes concernant la croissance en 2025. L’année dernière a été plus difficile que prévu, surtout du côté de l’emploi et de l’immobilier. Mais l’assouplissement monétaire de la Banque du Canada, qui fut le plus agressif parmi les pays développés, devrait finir par porter fruit à l’approche du deuxième semestre », entrevoit Michael Sager.

L’expert pointe notamment vers le secteur immobilier, qui, étant particulièrement sensible aux taux d’intérêt, devra répondre à la demande. Même si la construction résidentielle a ralenti depuis 2022, il perçoit des signes de reprise. Le consommateur canadien jouera également un rôle clé dans cette reprise, grâce au ralentissement de l’inflation et à la demande croissante sur le marché de l’emploi. Le niveau d’épargne des foyers est en outre suffisant pour absorber les renouvellements hypothécaires à des taux plus importants. 

Tout cet optimisme doit néanmoins être nuancé par le risque politique, qui ne réside pas ici puisque selon l’expert « les élections fédérales ne devraient pas avoir d’impact », mais de l’autre côté de la frontière, où la nouvelle administration brandit la menace de tarifs douaniers.

Côté devises, la performance du dollar américain depuis l’élection de Donald Trump devrait se poursuivre, croit Michael Sager. « L’économie américaine reste le chef de file de la croissance parmi les pays développés. L’inflation est proche des 2 % visés par la Réserve fédérale américaine et celle-ci devrait donc mettre fin à sa politique d’assouplissement. Ajoutons à cela les différents tarifs douaniers qui seront mis en place, et le dollar américain devrait rester élevé pour un bon moment. »

Pendant ce temps, le dollar canadien reste faible parce que notre économie l’est, et parce que la Banque du Canada a été agressive dans sa politique, souligne-t-il. Il s’attend même à ce que le taux de change entre le dollar canadien et le dollar américain atteigne 1,50 $.

« Dans ce contexte, les investisseurs ne doivent pas espérer les mêmes performances qu’au cours des deux dernières années sur les marchés d’actions, bien que ceux-ci continueront d’être portés par des profits en hausse. Les obligations devraient aussi bien se porter, sous l’effet de la croissance et de l’inflation aux États-Unis », conclut Michael Sager.

Cet article fait partie du programme Gestionnaires en direct, commandité par Gestion d’actifs CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.

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Nicolas Ritoux

Nicolas Ritoux est journaliste indépendant. Il collabore à Conseiller.ca depuis 2009.