Pourquoi les FNB en espèces gagnent en popularité

Par La Presse Canadienne | 9 December 2025 | Last updated on 5 January 2026
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Main tenant un stylet au-dessus d’une tablette affichant un graphique boursier interactif, en contexte urbain flou.
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C’est un dilemme pour de nombreux investisseurs : vous souhaitez disposer de liquidités pour saisir les occasions d’investissement qui pourraient se présenter. Mais vous ne voulez pas non plus que l’argent restant dans votre portefeuille ne génère aucun rendement. C’est là qu’interviennent les fonds négociés en bourse (FNB) en espèces.

Selon les experts, les FNB en espèces sont de plus en plus prisés par les investisseurs, jeunes et moins jeunes, car ils offrent la flexibilité d’avoir des actifs liquides tout en bénéficiant d’un rendement modeste.

Chris Merrick, fondateur et propriétaire de Merrick Financial, explique qu’il existe plusieurs types de fonds négociés en bourse (FNB) en espèces, mais que beaucoup fonctionnent essentiellement en prenant des positions dans des comptes d’épargne à taux d’intérêt élevé auprès de grandes banques. D’autres investissent dans des titres de créance à faible risque, tels que des obligations, appelés FNB du marché monétaire.

Il souligne que les FNB en espèces permettent de préserver le capital tout en offrant une liquidité, contrairement aux certificats de placement garantis, qui bloquent l’argent pendant une période déterminée.

« La liquidité est bonne. Vous percevez des intérêts, ce qui est plus avantageux qu’un compte d’épargne bancaire. Et souvent, ils sont conservés pour des objectifs à court terme », explique-t-il. 

Chris Merrick indique que les FNB en espèces versent des intérêts mensuels basés sur les taux d’emprunt actuels fixés par la Banque du Canada.

« Lorsque les taux baissent, comme c’est malheureusement le cas actuellement, les taux d’intérêt des FNB monétaires diminuent », rappelle Chris Merrick.

Erika Toth, directrice et cheffe, FNB et consultants en gestion de portefeuille, chez BMO Gestion mondiale d’actifs, souligne que, malgré des rendements relativement faibles, l’un des FNB les plus vendus par BMO au cours de l’année écoulée était l’un de ses FNB monétaires.

Erika Toth indique qu’ils peuvent offrir des avantages, tels que « la possibilité de réduire le risque d’un portefeuille si un investisseur souhaite se retirer des actions ou des obligations », car les FNB en espèces sont des actifs plus conservateurs que les actions, qui sont plus volatiles.

POUR LES PÉRIODES DE TRANSITION

Les FNB en espèces peuvent également aider les investisseurs à traverser les périodes de transition.

Selon Erika Toth, à mesure que les investisseurs vieillissent, leurs besoins en liquidités augmentent, ce qui conduit certains d’entre eux à rechercher des actifs plus sûrs dans lesquels investir leur argent, mais les jeunes clients les trouvent utiles lorsqu’ils épargnent pour atteindre certains objectifs financiers.

« Même pour les clients plus jeunes qui épargnent pour acheter une maison, pour des rénovations ou pour l’éducation de leurs enfants, c’est toujours un bon moyen de s’assurer que leur argent rapporte quelque chose et que les fonds sont facilement disponibles. » 

Erika Toth précise que les FNB en espèces pourraient aider quelqu’un qui vient de sortir du marché et qui souhaite que l’argent dont il dispose soit productif.

Philip Petursson, stratège en chef des placements chez IG Gestion privée de patrimoine, souligne que les FNB en espèces peuvent être une bonne option pour tout investisseur qui cherche à obtenir un rendement tout en conservant la liquidité de ses avoirs en espèces.

« Je pense que chaque fois qu’un investisseur a besoin de liquidités dans les 12 mois et qu’il ne veut pas être soumis à la volatilité du marché, c’est un bon endroit où placer son argent », explique-t-il.

À long terme, cependant, Philip Petursson rappelle que les liquidités peuvent constituer un frein pour un portefeuille en raison de leurs rendements plus faibles, ce qui signifie que les investisseurs passeront à côté d’occasions de croissance plus importantes.

Il ajoute que le fait de détenir environ 5 % d’un portefeuille dans un FNB en espèces peut aider un investisseur à se positionner sur le marché pendant les périodes de volatilité. 

Chris Merrick souligne que l’un des inconvénients est que ces fonds ne sont pas couverts par la Société d’assurance-dépôts du Canada (SADC), qui garantit les dépôts dans les comptes bancaires canadiens jusqu’à concurrence de 100 000 $ par type de compte dans un établissement financier.

Il dit que, pour certaines personnes, la sécurité offerte par la protection de la SADC est importante, tandis que d’autres y sont indifférentes.

« Comme le dit le dicton, la liquidité et la sécurité n’ont pas d’importance jusqu’à ce qu’elles deviennent primordiales. Mais je pense que les chances d’en avoir besoin sont assez faibles », conclut Chris Merrick.

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