La finance avant les sentiments

Par Alizée Calza | 19 June 2026 | Last updated on 18 June 2026
4 min read
Couple d'âge moyen assis devant un ordinateur portable et une calculatrice, en train de faire des calculs financiers.
Crédit photo : Inside Creative House

L’inflation et les préoccupations liées au coût de la vie s’invitent plus que jamais dans les couples. Les contraintes financières prennent ainsi le pas sur les sentiments dans les décisions relatives au mariage ou à la séparation, révèle la première partie d’un nouveau rapport spécial publié par l’Indice de BMO sur l’amélioration des finances.

Plus du tiers des Canadiens (37 %) prolongent leur relation ou leur mariage uniquement en raison du coût associé à un divorce ou une séparation légale. Un tiers des Canadiens (33 %) assurent même se sentir poussés à emménager avec leur partenaire pour faire des économies.

La même proportion de répondants explique que l’incertitude économique a déterminé en partie le moment de leur divorce ou de leur séparation. Ainsi, plus du quart des sondés (28 %) ont reporté ces décisions. Parmi les raisons invoquées :

  • 32 % ont parlé des coûts financiers de la procédure,
  • 27 % mentionnent la difficulté de subvenir aux besoins de deux ménages distincts
  • et 18 % parlent de l’incertitude économique, notamment l’inflation et la sécurité de l’emploi.

LE MARIAGE, UN ENGAGEMENT FINANCIER

Le mariage lui-même est maintenant perçu par près de la moitié des répondants (47 %) davantage comme un engagement financier qu’affectif. Cette opinion est particulièrement partagée par les millénariaux (56 %) et la génération Z (54 %).

Même après, 48 % des répondants assurent que la gestion des finances en tant que couple marié est plus complexe que la gestion des aspects romantiques de leur relation.

« Si construire une vie avec quelqu’un de spécial peut être un parcours rempli de joie et d’espoir, les préoccupations financières peuvent poser certains défis, compliquant, voire éclipsant, les aspects romantiques d’une relation », souligne Anthony (Tony) Tintinalli, chef, Ventes spécialisées, BMO.

L’expert recommande de parler très tôt d’argent et de se constituer un coussin d’urgence. Il suggère fortement de consulter un professionnel de la finance qui aura les compétences nécessaires pour aider le couple à faire face aux réalités financières, mais également à se préparer aux grandes étapes de leur vie.

« L’argent est souvent l’une des principales sources de stress lors d’une séparation ou d’un divorce, en particulier lorsque l’impact financier est plus important ou plus durable que prévu, prévient Carol Willes, directrice générale, Planification successorale, BMO Gestion privée. Faire appel à un professionnel de la finance peut aider les particuliers à avoir une vision globale de leur situation, à réduire les incertitudes et à se concentrer sur le rétablissement de leur stabilité financière alors qu’ils s’apprêtent à entamer une nouvelle étape de leur vie. »

LES FINANCES COMME SOURCE DE TENSIONS

Pas loin du tiers des Canadiens (32 %) avouent que les finances sont une source de conflit dans leur couple. Parmi les griefs, 36 % des répondants jugent que leur conjoint dépense trop.

Les achats importants sont synonymes de disputes, selon 17 % des sondés. L’organisation des vacances pose également problème pour 28 % des personnes interrogées.

L’un des soucis est que la balance financière n’est pas égale entre les deux conjoints. Ainsi, 60 % des sondés assurent être le plus économe dans le couple et 54 % avouent dépendre financièrement de leur partenaire.

Finalement, 41 % des sondés déclarent en savoir moins en matière de planification financière que leur tendre moitié

QUELQUES ASTUCES SIMPLES

Pour éviter les conflits, BMO offre plusieurs conseils aux Canadiens.

L’institution recommande fortement de parler très rapidement de ses habitudes de dépenses, afin de comprendre comment chaque conjoint aborde ses dépenses, son épargne et gère son propre budget. Ces conversations permettent d’éviter les surprises et de prendre des mesures pour éviter tout problème.

Entre conjoints, il est également essentiel de définir ses attentes quant aux décisions financières importantes. Les deux personnes peuvent ainsi se mettre d’accord sur la façon de gérer les achats majeurs, les dépenses communes et les dépenses discrétionnaires.

La transparence devrait toujours être le mot d’ordre. Un couple est basé sur la confiance, il est donc essentiel de discuter ouvertement sur les éventuels déséquilibres financiers et se mettre d’accord sur la personne qui gérera les dépenses.

Quant aux objectifs communs, ces derniers devraient être rapidement fixés, mais permettre de la souplesse. Le but est d’évoluer ensemble vers un seul but, mais de ne pas non plus créer une nouvelle source de stress.

BMO recommande finalement aux couples de faire appel à un conseiller pour les aider. Ce dernier pourra servir de médiateur, mais aussi apporter une perspective à plus long terme et les aider à élaborer une stratégie pour atteindre les objectifs qu’ils se sont fixés.

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Alizée Calza

Alizée Calza est rédactrice en chef adjointe pour Conseiller.ca et pour Finance et Investissement.