Le rendement se cache dans le moyen terme

Par Nicolas Ritoux | 2 June 2026 | Last updated on 1 June 2026
3 min read
Empilements de pièces dorées symbolisant la croissance financière et l’investissement, sur fond de graphiques boursiers et de données numériques. Illustration moderne de la performance économique, de l’analyse financière et de la technologie appliquée à la finance.
asbe / iStock

Les obligations sur trois à cinq ans seraient les mieux positionnées pour offrir de bons rendements malgré la volatilité, croit Pablo Martinez, gestionnaire de portefeuille, Gestion globale d’actifs CIBC. 

Selon l’expert, le conflit en Iran et la hausse des prix de l’énergie exacerbent les craintes inflationnistes, ce qui exerce une pression haussière sur la portion intermédiaire de la courbe des rendements.

Selon Pablo Martinez, une éventuelle résolution du conflit — même partielle — profiterait surtout à la portion intermédiaire de la courbe des rendements. Les obligations à plus court terme, soit celles de un à deux ans, demeureraient quant à elles principalement influencées par les politiques monétaires.

Comme il ne prévoit pas de hausse de taux d’ici la fin de l’année de la part de la Réserve fédérale américaine ou de la Banque du Canada, il estime que les obligations de trois à cinq ans offrent actuellement davantage de valeur aux investisseurs.

À l’inverse, une détérioration de la situation au Moyen-Orient et une poursuite de la hausse des prix de l’énergie pourraient ouvrir la porte à de nouvelles hausses de taux d’intérêt.

Même dans un tel scénario, Pablo Martinez estime que les échéances plus longues demeureraient attrayantes, puisqu’elles seraient relativement moins touchées par les craintes inflationnistes à court terme.

L’expert estime qu’il existe encore de belles occasions dans le marché des obligations de sociétés, même si leurs valorisations demeurent élevées par rapport aux moyennes historiques.

Selon lui, les obligations affichant des échéances de trois à sept ans présentent actuellement le meilleur équilibre entre le risque et le rendement, tandis que l’intérêt des échéances plus longues tend à diminuer.

« Même en cas de surprise, si l’écart de rendement venait à se creuser, les titres de trois à sept ans demeureraient ceux qui offriraient la meilleure performance », affirme Pablo Martinez. 

Aux épargnants tentés de se réfugier dans les CPG en période de volatilité, l’expert rappelle que les rendements de ces produits demeurent largement tributaires du taux directeur des banques centrales. Or, celui-ci reste relativement faible au Canada et devrait, selon les indications actuelles, le demeurer encore pendant un certain temps.

« Les CPG offrent peu de rendement, tandis que celui des obligations de sociétés de catégorie investissement dépend de la portion courte de la courbe de rendement, or celle-ci a réalisé d’importants gains qui en font un point d’entrée attrayant. En outre, les perspectives de croissance demeurent encourageantes pour les sociétés », analyse Pablo Martinez. 

Il reconnaît qu’une intensification du conflit en Iran pourrait d’abord peser sur les marchés obligataires. Il y voit toutefois une occasion pour son équipe de mettre à profit son expertise en gestion des risques afin d’identifier les meilleures occasions dans un contexte plus volatil.

« Il y aura certainement des inquiétudes liées à la croissance, et les investisseurs se détourneront des actifs plus risqués. Cela favorisera les obligations à court terme, mais moins les titres de sociétés. Heureusement, nous disposons d’une équipe d’analystes dédiée quotidiennement à la gestion des risques du portefeuille, et notre exposition à un élargissement de l’écart de rendement demeure limitée puisque nous conservons généralement les titres jusqu’à leur échéance », explique Pablo Martinez.

Pablo Martinez souligne également qu’un autre risque important pour les marchés obligataires demeure l’éventuelle absence de renouvellement de l’accord commercial entre le Canada et les États-Unis. Une telle situation pourrait nuire à la croissance économique canadienne et, par conséquent, affecter plusieurs sociétés dont son équipe détient les obligations.

« Là encore, tout est question de gestion des risques. Malgré ces incertitudes, nous restons convaincus qu’une entente commerciale reste possible, avec à la clé une relance des investissements en capital. »

Cet article fait partie du programme Gestionnaires en direct, commandité par Gestion globale d’actifs CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.

Abonnez-vous à nos infolettres

Nicolas Ritoux

Nicolas Ritoux est journaliste indépendant. Il collabore à Conseiller.ca depuis 2009.