Les Bourses se préparent aux erreurs de saisie nocturnes

Par James Langton | 15 June 2026 | Last updated on 12 June 2026
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Une professionnelle travaillant tard dans la nuit dans un bureau moderne avec vue sur la ville illuminée. Elle est assise devant plusieurs écrans affichant des graphiques financiers et des données boursières en temps réel, illustrant l'analyse des marchés financiers, le trading et la technologie.
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Alors que les principales Bourses américaines se préparent à adopter des heures de négociation prolongées, elles s’attellent également à mettre en place des mécanismes de contrôle de la volatilité adaptés aux conditions particulières susceptibles de prévaloir durant les séances de négociation nocturnes.

Dans un document déposé auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC) des États-Unis, les places boursières — dont diverses filiales de Nasdaq, du New York Stock Exchange (NYSE) et de Cboe Global Markets, entre autres — ont publié une proposition conjointe visant à instaurer des fourchettes de prix temporaires (limites de variation à la hausse et à la baisse à l’échelle du marché) pour les séances de nuit, dont le lancement est prévu d’ici la fin de l’année.

Ces mécanismes visent à protéger les marchés contre les perturbations provoquées par une volatilité excessive résultant de mouvements de prix soudains et inattendus, comme ceux causés par des erreurs de saisie (« fat finger ») ou des épisodes de krach éclair (« flash crash »).

« Les séances de négociation nocturnes présentent des défis particuliers pour l’intégrité des marchés, notamment une liquidité réduite, une asymétrie accrue de l’information en raison du flux de nouvelles pendant la nuit et des événements mondiaux, ainsi qu’un risque plus élevé de transactions erronées », indique la proposition.

« La mise en œuvre des mécanismes de protection proposés pour les séances nocturnes devrait limiter la fréquence et l’ampleur des déséquilibres de prix préjudiciables. »

Dans leur proposition, les Bourses préconisent « une approche prudente pour étendre les mécanismes de protection aux conditions particulières des marchés nocturnes ». Elles proposent plus précisément une mise en œuvre en deux phases : dans un premier temps, elles adopteraient les mécanismes actuellement utilisés par certains systèmes de négociation alternatifs (ATS), avant d’ajuster ces mesures à la lumière des données recueillies sur leur fonctionnement durant les séances nocturnes afin d’établir un cadre définitif.

À cette fin, les Bourses ont proposé un dispositif de calcul et de diffusion des seuils applicables aux séances nocturnes — définies comme la période allant de 21 h à 4 h, heure de l’Est — qui obligerait tous les lieux de négociation actifs durant cette période à mettre en place et à appliquer des politiques et des procédures destinées à empêcher les transactions en dehors des fourchettes de prix établies.

Les limites de prix applicables la nuit seront calculées à partir de deux prix de référence : le cours de clôture et un prix d’exécution obtenu après la clôture du marché. Selon la proposition, l’utilisation de deux références vise à éviter l’établissement de limites « trop restrictives », qui pourraient nuire au processus de découverte des prix en fonction des nouvelles publiées après la fermeture des marchés.

Par ailleurs, la décision de mettre fin aux séances nocturnes protégées à 4 h du matin tient compte de la pratique des émetteurs qui publient leurs résultats financiers et d’autres informations importantes avant le début de la séance régulière. Cette approche permettra aux intervenants du marché « d’intégrer les nouvelles informations divulguées dans les prix des titres sans être limités par des fourchettes de prix fondées sur l’activité de la veille », précise la proposition.

Durant la séance nocturne, les contrôles proposés visent à protéger les investisseurs en empêchant les transactions à des prix « aberrants » dans un environnement caractérisé par une liquidité moindre et où « le risque de transactions erronées ou de creux temporaires de liquidité est accru ». En revanche, au début de la journée de négociation, « lorsque les informations fondamentales sur les sociétés sont diffusées et assimilées par le marché, le processus de découverte des prix pourra fonctionner sans entrave », indique le document.

Dans la deuxième phase de la mise en œuvre, prévue d’ici la fin de 2027, les Bourses comptent adopter des exigences plus permanentes pour encadrer les protections applicables aux séances nocturnes, lesquelles « ressembleront davantage » aux mécanismes déjà en vigueur durant les heures normales de négociation.

Entre-temps, elles ont décidé de ne pas instaurer de suspensions automatiques des transactions pendant les heures nocturnes. Elles conserveraient toutefois le pouvoir discrétionnaire d’ordonner des arrêts des échanges au cours de ces séances.

Ces suspensions resteraient en vigueur jusqu’à la fin de la séance, puisque les Bourses n’ont pas encore établi de mécanisme de reprise des échanges pendant les heures nocturnes. Durant les heures normales, les interruptions de marché sont généralement résolues au moyen de processus d’enchères.

La proposition souligne que l’application uniforme de ces protections sur l’ensemble des lieux de négociation actifs durant la nuit favorisera une concurrence équitable et garantira un niveau de protection uniforme pour les investisseurs.

L’établissement de garde-fous pour les négociations nocturnes vise à « atténuer le risque de volatilité excessive sur les marchés et contribuera à prévenir les fluctuations extrêmes des prix ainsi que les transactions erronées, ce qui protégera les investisseurs contre une volatilité excessive dans le nouveau marché nocturne », conclut le document, ajoutant que ces mesures renforceront la confiance envers les négociations effectuées durant la nuit.

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James Langton

James Langton est journaliste pour Advisor.ca et Investment Executive. Depuis 1994, il fait des reportages sur la réglementation, le droit des valeurs mobilières, l’actualité de l’industrie et plus encore.