Radié dix ans pour s’être approprié les fonds d’un client

Par La rédaction | 2 August 2018 | Last updated on 15 August 2023
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Photo : Burmakin Andrey / 123rf

Le comité de discipline de la Chambre de la sécurité financière (CSF) a radié le conseiller Jean-Célestin Yombé (certificat no 163747) pour une durée de dix ans.

M. Yombé a été reconnu coupable de « s’être approprié minimalement une somme de 500 $ remise par son client », indique le comité de discipline de la CSF. Les faits s’étaient déroulés vers les mois de juin 2013 et octobre 2014.

CONSEILLER IMPROVISÉ AGENT IMMOBILIER…

« L’intimé a abusé de la confiance que son client lui portait alors qu’il était, de surcroît, originaire d’Afrique, apparemment tout comme lui, explique le comité de discipline de la CSF pour motiver sa décision de radier durant dix ans M. Yombé et de le condamner au paiement des déboursés. Il a profité de sa naïveté et de son ignorance des choses financières. »

Jean-Célestin Yombé avait convaincu son client d’acheter une maison à moindre prix. Le conseiller lui avait expliqué qu’il avait lui-même acquis une maison saisie par le Groupe Investors pour défaut de paiement d’hypothèque. Cela lui avait permis de l’acheter à faible prix.

Pour l’aider dans son achat, M. Yombé a demandé 2500 $ à son client « pour entreprendre les démarches, car une opportunité se présentait », relève la décision de culpabilité et de sanction du comité de discipline de la CSF. Le client lui a versé le montant demandé quelques semaines plus tard, en janvier 2013.

PERTES FISCALES

Au mois de mai, M. Yombé réclame encore 5000 $ à son client, en lui indiquant qu’une occasion se présentait. Le conseiller transfère les 5000 $ du REER du client vers le compte bancaire afin que celui-ci lui verse ce montant. Mais les déductions fiscales allègent le montant pris sur le REER et le client ne reçoit que 3771,35 $.

L’homme verse donc 3770 $ en argent comptant à son conseiller. Il lui demande aussi des preuves des démarches d’achat de la maison. Mais sa demande reste sans réponse.

Par la suite, le client exige l’arrêt des démarches et le remboursement des montants versés. Le conseiller lui adresse quatre chèques… retournés pour provisions insuffisantes.

DEVANT LES PETITES CRÉANCES

Le client menace alors d’informer le supérieur hiérarchique du conseiller à Investors. Le représentant trouve alors le moyen de lui rendre 1000 $ en argent comptant.

Le client a alors réclamé son argent devant la Cour des petites créances en mai 2015, soit deux ans plus tard. Le représentant a exécuté une partie de l’entente trouvée devant la Cour avant d’interrompre les remboursements, restant avec une dette de 4290 $ envers son client.

Durant l’enquête, le client a témoigné que cette expérience l’avait dissuadé de faire à nouveau affaire avec un conseiller en sécurité financière. L’amertume est telle qu’il ne place plus d’argent, même dans son REER.

La rédaction